Assurance-vie : la lente mort des fonds en euros

13 octobre 2020

Nous nous dirigeons vers la fin des fonds en euros et donc d’une époque pour l’assurance-vie. Nous vous en parlions déjà à l’automne 2019, et la tendance semble bien se confirmer. 


Crédits : Sandy Millar

 

Baisse de rémunération du fonds en euros…

Vous l’avez sans doute remarqué, depuis la crise de 2008, la rémunération des fonds en euros a diminué régulièrement. En 2020, d’après les prévisions de Facts & Figures, le taux moyen brut du fonds en euros devrait se situer autour de 1%. Il s’agit là d’un taux moyen, certaines banques comme Boursorama communiquent déjà sur un taux d’environ 0,5% auprès de leurs clients. Ainsi, le fonds en euros devient un placement très peu attractif pour les épargnants, protégeant à peine de l’inflation.

 

…dans un contexte de taux d’intérêt bas

Cette baisse de la rémunération des fonds en euros est principalement due à la baisse des taux d’intérêt. En effet, les fonds en euros sont essentiellement investis en obligations gouvernementales, placement considéré quasi sans risque. Or, les banques centrales, et notamment la BCE, ont régulièrement baissé leur taux directeurs suite à la crise de 2008 et maintenant avec la crise économique causée par la pandémie de Covid-19. Ainsi, l’OAT à 10 ans, c’est-à-dire le taux auquel l’Etat français emprunte à un horizon de 10 ans, est aujourd’hui négatif (-0.22%).

 

En plaçant votre argent à un taux négatif, il est difficile pour les assureurs de vous verser une rémunération attractive sur le fonds en euros. Le stock des obligations historiques dans lesquelles ils ont investi, à des taux plus élevés, permet encore de verser une rémunération, mais celle-ci devrait logiquement converger vers 0 à l’avenir. Aucun changement de direction n’est à prévoir étant donné que les banques centrales ont annoncé un maintien des taux bas pendant plusieurs années pour sortir de la crise économique actuelle.

 

Des assureurs qui limitent l’accès aux fonds en euros

Dans ce contexte, les assureurs n’ont aucun intérêt à vous encourager à placer sur un fonds en euros, qui devient un véritable casse-tête pour eux. Comme nous vous l’annoncions dans un précédent article, certains assureurs avaient déjà restreint l’accès au fonds en euros à l’automne 2019, et cette tendance devrait se renforcer dans les prochains mois / années.

Ainsi, pour pouvoir placer votre argent “sans risque”, il vous est désormais demandé par la plupart des assureurs de placer un minimum sur des unités de compte risquées.

 

Un cadre législatif moins rassurant en temps de crise

Au-delà de la rémunération, l’assurance-vie est également soumise à un cadre législatif moins sécurisant que par le passé. La loi Sapin 2 (article 49) a ainsi instauré fin 2016 la possibilité, sur proposition du Gouverneur de la banque de France, de retarder ou limiter les mouvements sur votre assurance-vie, pour une durée maximale de 6 mois consécutifs. Ainsi, en cas de crise financière qui mettrait en difficulté les assureurs, vous pourriez ne pas pouvoir retirer vos fonds avant 6 mois ou ne pas pouvoir effectuer d’arbitrage sur vos placements. Cette évolution, dont le grand public a assez peu entendu parler, est un facteur de risque supplémentaire pour votre assurance-vie en temps de crise majeure comme celle que nous vivons actuellement.

 

 Une fiscalité moins intéressante à l’avenir ?

L’assurance-vie est souvent vendue aux français sur la base d’une fiscalité attractive pour les épargnants, et en particulier en cas de succession. Ses propriétés fiscales ne sont pas figées et pourraient évoluer défavorablement à l’avenir. Ainsi, le rapport sur la réserve héréditaire remis au garde des sceaux fin 2019 suggérait de soumettre l’assurance-vie au régime commun d’héritage. Cette décision n’a pas été prise pour le moment, mais le risque de voir la fiscalité de l’assurance-vie remise en question est bien réel.

 

La mort du fonds en euros : une aubaine pour les épargnants ?

L’assurance-vie, et en particulier le fonds en euros, ont souvent été présentés comme l’option par défaut pour les épargnants français. Quelle que soit votre situation, si vous avez consulté un conseiller bancaire ou un conseiller en gestion de patrimoine ces dernières années, il vous a probablement conseillé d’ouvrir une assurance-vie et de placer votre épargne sur un fonds en euros et diverses unités de compte (SCPI, fonds, etc.). L’assurance-vie est en effet très rémunératrice pour les différents intermédiaires qui perçoivent des commissions lorsque vous y souscrivez.

Si l’assurance-vie peut-être intéressante dans certains cas, notamment en vue d’une future transmission, ce n’est pas l’unique option pour votre épargne. Le PEA par exemple est plus intéressant pour investir en actions, que ce soit en direct ou via des fonds ou ETFs.

La lente mort des fonds en euros devrait encourager les épargnants français à se renseigner davantage sur les possibilités qui s’offrent à eux, et peut-être à prendre plus de risque sur une partie de leur épargne pour un meilleur rendement espéré. Sans prise de risque, dans un environnement de taux négatifs, les épargnants ne pourront pas faire croître leur patrimoine ni même se protéger de l’inflation.

Si vous le souhaitez, les conseillers Axel seront ravis de vous accompagner dans votre démarche d’investissement, n’hésitez pas à nous contacter.

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Par Guillaume Lartigau et Julien Saint Georges, co-fondateurs d’Axel : l’indépendance au service de votre patrimoine