10 critères pour sélectionner le meilleur ETF

8 mai 2020

Découvrez les 10 critères clés pour sélectionner le meilleur ETF ou tracker selon l’indice sur lequel vous souhaitez investir. Ces critères permettent d’analyser et comparer les ETFs.

En effet, il existe plus de 5 000 ETFs disponibles à travers le monde. Et bien que ceux cotés aux Etats-Unis et dans certains pays hors Europe ne sont généralement pas accessibles aux investisseurs européens pour des raisons réglementaires, il en reste tout de même plusieurs milliers à votre disposition. Alors, comment s’y retrouver parmi toutes ces possibilités ?

La première étape est de choisir l’indice auquel on veut s’exposer, nous en avons parlé dans notre précédent article. Une fois l’indice choisi, comment trouver des ETFs correspondant à cet indice ?

10 critères pour sélectionner le meilleur ETF, la checklistCrédits : Glenn Carstens-Peters

Trouver un ETF répliquant l’indice choisi

Pour cela, il existe plusieurs possibilités. Vous pouvez chercher sur les sites des principaux fournisseurs d’ETFs (iShares, Lyxor, Vanguard, Amundi, BNPP Easy, Xtrackers, etc.) ou faire des recherches Google. Cela peut être chronophage et vous risquez de ne pas voir tous les ETFs disponibles.

Une bonne alternative consiste à passer par les bases de données spécialisées. Certains sites comme TrackInsightETFDBJust ETF ou Morningstar permettent de rechercher des ETFs selon de nombreux critères et ainsi d’être plus efficace dans votre analyse. Si ces outils sont pratiques pour gagner du temps, nous vous recommandons tout de même de remonter à la source, c’est-à-dire le site du gestionnaire de l’ETF et le Document d’Informations Clés pour l’Investisseur (DICI) pour bien vérifier les données lorsque vous comparerez ensuite les ETFs. Nous ne sommes jamais à l’abri d’une erreur lorsqu’on a recours à un tiers.

Maintenant que nous avons la liste de tous les ETFs répliquant l’indice souhaité, sur quelles bases faire notre sélection ?

10 critères pour sélectionner un ETF

#1 Compatibilité de l’ETF avec le PEA ?

Si vous souhaitez bénéficier des avantages fiscaux du Plan d’Epargne en Actions ou PEA, le premier critère sera donc la compatibilité de l’ETF avec le PEA, afin de ne pas passer du temps à analyser des ETFs qui ne seraient disponibles qu’avec un compte titres. Le PEA étant une spécificité française, vous trouverez des ETFs compatibles pour les indices majeurs mais pour investir sur une thématique ou une région moins suivie, vous devrez donc investir via un compte-titres.

Cette information est disponible sur la page de description de l’ETF sur le site du gestionnaire :

ETF éligible au PEASource : BNP Paribas

Sur les bases de données comme TrackInsight, vous pouvez également filtrer les ETFs pour afficher uniquement ceux qui sont compatibles avec le PEA :

Les ETFs éligibles au PEA via TrackInsightSource : TrackInsight

#2 Volume de l’encours et liquidité de l’ETF

Lors de la comparaison entre plusieurs ETFs répliquant un même indice, il est recommandé d’attacher une attention particulière à la liquidité de chaque ETF. Pour cela, il vaut mieux privilégier les ETFs ayant davantage d’actifs sous gestion et un volume de transaction important, qui laissent ainsi entrevoir une meilleure liquidité, à l’achat comme à la vente, pour le client.

Par ailleurs, un ETF avec un encours faible (inférieur à 100 millions d’euros par exemple) sera plus difficilement rentable pour son gestionnaire, qui pourrait être tenté de le fermer. Dans une telle situation, vous récupérerez vos fonds mais vous devrez investir dans un autre ETF et perdrez ainsi du temps et de l’argent du fait des frais de transaction supplémentaires.

L’encours du tracker est disponible sur le site du gestionnaire :

Liquidité et encours de l'ETF via iShares

Source : iShares

#3 Frais de gestion de l’ETF

Les frais de gestion ont un impact significatif sur la performance de votre investissement à long terme. Ils viennent en effet rogner la performance de votre investissement chaque année mais également les suivantes en réduisant le bénéfice de la composition des intérêts.

A titre d’exemple, prenons un investissement mensuel de 300€ dans un ETF 1 avec une hypothèse de rendement espéré de 5,5% par an et des frais de gestion de 0,1%, et un ETF 2 avec la même hypothèse de performance mais des frais de gestion de 0,5%. Voici la différence de valeur totale de l’investissement entre les deux ETFs au cours du temps :

Performance de l'ETF selon les frais de gestion

On peut voir qu’en 2040, c’est-à-dire au bout de 20 ans, la différence de valeur causée par les frais de gestion atteint 5 700€ environ.

Il est donc préférable de choisir un tracker avec des frais faibles si les autres critères sont satisfaisants.

Lorsque vous investissez dans un ETF, et contrairement à beaucoup d’OPCVM en assurance-vie, vous n’aurez pas à payer de frais d’entrée ou de sortie. Vous paierez uniquement ces frais de gestion et les frais de transaction.

Les frais de gestion sont également présentés sur le site de l’ETF, souvent sous l’intitulé Expense Ratio ou Total Expense Ratio (TER).

Frais de gestion de l'ETF via iShares

Source : iShares

#4 Performance de la réplication

Un tracker a pour objectif de répliquer la performance d’un indice donné, par exemple le S&P 500. Il faut donc s’assurer que l’ETF remplit bien sa mission. Pour cela, on dispose de deux indicateurs.

La Tracking Error mesure la volatilité de l’écart de performance entre l’ETF et l’indice. Plus la Tracking Error est faible, plus cela signifie que le fournisseur d’ETF réplique la performance l’indice avec précision à tout moment, et c’est généralement le cas. Cet indicateur va de pair avec la Tracking Difference qui est simplement l’écart de performance entre l’ETF et l’indice sur une période donnée.

Ce critère est plutôt un paramètre de validation que de différenciation dans la sélection de l’ETF. En effet, lorsqu’on s’intéresse aux principaux indices boursiers (S&P 500, CAC 40, etc.), ils sont généralement très bien répliqués. Ce peut être plus différenciant pour des indices spécifiques, sur des marchés de niche par exemple.

#5 Politique de distribution des dividendes

Il existe deux politiques de distribution au sein des ETFs :

  • Les ETFs distributifs, qui reversent en cash à l’investisseur les dividendes versés par les sociétés composant l’ETF
  • Les ETFs capitalisant, qui réinvestissent automatiquement les dividendes versés par les sociétés composant l’ETF pour bénéficier de la capitalisation des dividendes sans action de l’investisseur

Si votre objectif est de faire fructifier votre patrimoine à long terme, il est plus intéressant d’utiliser des ETFs capitalisant afin de ne pas vous soucier de réinvestir les dividendes. Si vous souhaitez percevoir des compléments de revenus, privilégiez les ETFs distributifs. Mais attention, si ces dividendes ne sont pas réinvestis, vous perdrez l’impact cumulatif des dividendes capitalisés qui peuvent représenter une part très significative de votre performance sur le long terme :

CAC 40 vs. CAC 40 GR (dividendes réinvestis) – 2009-2020

Performance ETF CAC 40 avec et sans dividendes réinvestis

Source : Google Finance

Sur une dizaine d’années, l’écart de performance est déjà important, et il tendra à s’accroître significativement avec le temps.

La politique de distribution de dividendes est présentée sur le site de l’ETF et généralement indiquée dans le nom de l’ETF :

  • La mention « Acc » ou « C » indique une capitalisation des dividendes
  • La mention « Dist » ou « D » indique une distribution des dividendes

Tracker : dividendes distribués ou réinvestis via iShares

Source : iShares

ETF : dividendes capitalisés ou distribués via TrackInsightSource : Source : TrackInsight

#6 Méthode de réplication du tracker : Physique vs. Synthétique

Deux méthodes sont utilisées par les gestionnaires d’ETFs pour répliquer l’indice.

Un ETF à réplication physique, sur le CAC 40 par exemple, va investir réellement dans les 40 sociétés composant l’indice CAC 40. Un ETF à réplication synthétique va lui investir dans d’autres sociétés mais va échanger avec une institution financière la performance de celles-ci contre celle du CAC 40, vous garantissant ainsi la performance du CAC 40.

Les ETFs à réplication physique apportent davantage de transparence et de clarté à l’investisseur que les ETFs à réplication synthétique.

Cependant, les ETFs synthétiques peuvent être intéressants pour s’exposer aux actions d’autres régions dans le cadre du PEA, qui est normalement réservé aux actions européennes. Si vous souhaitez vous exposer aux actions américaines, via l’indice S&P 500 par exemple, vous devrez donc utiliser un ETF à réplication synthétique compatible avec le PEA.

L’information est disponible sur le site de l’ETF :

ETF à réplication physique via iSharesSource : iShares

#7 Devise de l’ETF

Lorsque c’est possible, il vaut mieux privilégier les ETFs cotés dans la même monnaie que celle du compte utilisé. Ainsi, si vous ouvrez un PEA ou un compte-titres en France, que vous alimentez en euro, privilégiez plutôt les ETFs cotés en euro. En effet, si vous choisissez un ETF coté dans une autre monnaie, la plateforme de courtage va probablement vous facturer des frais de conversion (à l’achat et à la vente).

Même sur une plateforme aux frais faibles comme Saxo Banque, vous serez facturé de 0,5% du montant investi pour chaque investissement en livre sterling par exemple, puis 0,5% à la revente.

Coût de conversion chez Saxo Banque

Source : Saxo Banque

#8 Couverture du risque de change

Investir dans des sociétés cotées hors de la zone euro implique un risque de change. Prenons l’exemple d’un ETF synthétique permettant d’investir sur le S&P 500 via un PEA et géré par BNP Paribas. Même si l’ETF est coté en euro, il permet de s’exposer à la performance de sociétés américaines cotées en dollars et comprend donc un risque de change sur le taux euro-dollar. Cet ETF comporte différents compartiments, c’est à dire qu’il est disponible dans plusieurs versions dont une version “hedgée”. Dans cette version, BNP Paribas met en place des contrats financiers de couverture du risque de change qui permettent donc de se couvrir du risque sur le taux euro-dollar. Ainsi, vous bénéficierez uniquement de l’évolution de l’indice S&P 500 sans subir ou bénéficier d’une évolution du taux euro-dollar.

BNP Paribas propose d’ailleurs cet ETF hedgée, que l’on appellera ESEH, avec les mêmes frais de gestion (0,15%) que la version non hedgée que l’on appellera ESE. Alors pourquoi se priver d’une couverture de change gratuite ? Car ce n’est pas si simple. En effet, comme tout risque, l’évolution du taux de change est aussi une opportunité et nous pouvons d’ailleurs voir ci-dessous que l’ETF non hedgé a permis d’obtenir une performance annuelle de 12.2% sur les 4 dernières années alors que dans le même temps l’ETF hedgé a généré une performance de 8.4%.

Performance de l’ETF BNP Paribas Easy S&P 500 (ESE)

Performance ETF S&P 500 non hedgé

Performance de l’ETF BNP Paribas Easy S&P 500 Hedgé (ESEH)

Performance ETF S&P 500 hedgé

Lorsque vous choisissez un ETF sur un indice hors zone euro, il est donc important de bien comprendre si vous vous exposez à un risque de change ou non et de savoir si vous voulez prendre ce risque (qui peut être une opportunité également) ou non.

#9 Place de cotation de l’ETF

La place de cotation de l’ETF, c’est-à-dire le marché sur lequel celui-ci est coté, est également un critère de sélection. Il est recommandé de privilégier les principaux marchés internationaux et notamment Euronext Paris, et d’éviter les marchés plus exotiques. En effet, les plateformes de courtage appliquent généralement des frais de transaction plus élevés pour ces marchés que pour les principales places boursières et les marchés domestiques comme Euronext Paris, parfois avec des montants minimums forfaitaires :

Frais chez BinckSource : Binck

#10 Disponibilité de l’ETF chez votre courtier

Toutes les plateformes de courtage n’ont pas accès aux mêmes produits financiers. Ainsi, certains ETFs ne seront pas disponibles chez tous les courtiers. Vérifiez donc que l’ETF que vous avez sélectionné est bien disponible sur votre plateforme en le recherchant par son nom, son code mnémonique ou son code ISIN.


 

Il est difficile de satisfaire à tous les critères. En pratique, il vous faudra généralement définir des priorités et choisir l’ETF le plus satisfaisant sur l’ensemble de ces critères.

Et pour finir, une question qui nous est souvent posée : vaut-il mieux investir dans un seul ETF ou dans plusieurs ETFs de fournisseurs différents pour suivre un même indice, par exemple le S&P 500 ? Les deux sont possibles et ont leurs avantages et inconvénients. Nous recommandons plutôt d’investir dans un seul ETF S&P 500 pour éviter de multiplier les frais de transaction si vous êtes chez un courtier qui inclut une part forfaitaire ou minimum pour les frais de transaction. C’est également un moyen de se simplifier la vie, vous n’avez qu’un ordre à passer par investissement, et donc pareil à la vente, et votre performance sera présentée sur une seule ligne de portefeuille. 

Mais si votre courtier pratique des frais de transaction en pourcentage du montant investi, si vous investissez des montants importants et si cela ne vous dérange pas de multiplier les lignes pour le suivi et la gestion de votre portefeuille, vous pouvez effectivement investir via plusieurs fournisseurs pour ne pas dépendre d’un seul et ainsi réduire le risque de contrepartie.

Vous disposez maintenant des éléments nécessaires pour faire votre sélection, il ne reste plus qu’à vous lancer !

Si vous le souhaitez, les conseillers Axel seront ravis de vous accompagner dans votre démarche d’investissement, n’hésitez pas à les contacter.

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Par Guillaume Lartigau et Julien Saint Georges, co-fondateurs d’Axel : l’indépendance au service de votre patrimoine

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