Big Bang en vue pour l’assurance-vie ?

30 septembre 2019

Le fonds euros sans risque à capital garanti va-t-il survivre aux taux d’intérêts négatifs ? On vous explique le big bang qui va toucher votre assurance-vie.

Le fonds euros, incompatible avec les taux négatifs ?

Cette semaine, plusieurs assureurs majeurs ont annoncé des mesures pour restreindre l’accès au fonds euros et encourager les épargnants à prendre plus de risque.

Le fonds en euros, comme expliqué dans un précédent article, est la partie sans risque de l’assurance-vie. C’est un placement atypique et spécifique à la France. Le montant que vous investissez est garanti et disponible à tout moment : il a rapporté en moyenne 1,8% d’intérêt l’an dernier. Les assureurs investissent l’argent des fonds en euros majoritairement sur des obligations d’Etats ou d’entreprises très bien notées afin de ne pas prendre trop de risque.

Le souci, c’est qu’aujourd’hui, le taux d’intérêt sans risque est négatif. Oui, négatif, c’est à dire que des individus / institutions sont prêts à perdre de l’argent pour pouvoir le placer sans risque. Ainsi, les taux des nouvelles obligations d’Etats dans lesquelles peuvent investir les assureurs sont négatifs, alors que ces mêmes assureurs vous versent environ 1,5 à 1,8% d’intérêts. Cela ne fonctionne plus !

En plus, l’assurance-vie est le placement préféré des français, avec 1 765 milliards d’€ d’encours à fin août, et encore plus de 2 milliards collectés le mois dernier.

Les assureurs ripostent

Dans ce contexte, plusieurs assureurs (Generali, Allianz, Crédit Agricole) ont annoncé prendre des mesures pour restreindre l’accès aux fonds en euros ainsi qu’une baisse significative du taux de rendement pour cette année 2019.

Certains assureurs vont obliger leurs clients à verser plus de 50 ou 60% sur les supports risqués (unités de compte) pour les gros patrimoines. D’autres veulent rétablir ou augmenter les frais d’entrées pour ces fonds, c’est à dire faire payer les clients pour leur donner le droit de placer leurs économies dessus. Certains fonds en euros vont même être fermés, notamment par Generali.

Dans un premier temps, certaines restrictions vont surtout toucher les patrimoines importants, mais elles devraient rapidement s’étendre à tous les épargnants.

L’objectif commun derrière tout cela ? Encourager la prise de risque

Ces différentes mesures ont un objectif commun, encourager les français à aller vers des investissements plus risqués, et donc potentiellement plus rémunérateurs.

Les français ont tendance à laisser leurs économies sur des placements sans risque et liquides qui rapportent entre 0 et 1,5% seulement (avant frais et imposition). Les assureurs veulent donc les encourager à placer davantage en unités de compte, généralement investis en actions ou obligations via des fonds d’investissements, voire en immobilier dans certains cas.

Le problème est que les français ont peur de prendre des risques, et il faut bien avouer que banquiers et assureurs n’ont peut être pas été suffisamment transparents et pédagogues par le passé pour les mettre en confiance.

Restreindre l’accès aux fonds euros ne suffira pas

Le livret A est un placement à taux réel négatif, c’est à dire que lorsqu’on déduit l’inflation, le livret A fait perdre du pouvoir d’achat, et pourtant, les français en raffolent. Ils investissent également sur des fonds euros qui, dans certains cas, ne rapportent rien lorsqu’on déduit les frais de gestion et l’inflation.

Restreindre l’accès aux fonds euros est une première étape mais ne changera pas le fond du problème. Les français ont surtout besoin d’avoir accès à des bases d’éducation financière qui leurs permettraient sans doute de mieux comprendre les placements à risque et de ne plus stocker des sommes très importantes sur des placements qui ne leur permettent pas de faire croître leur patrimoine.

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Guillaume et Julien, co-fondateurs d’Axel

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