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Uber, Slack, Airbnb… investir via une IPO,
un bon plan ?

26 avril 2019

Axel - Article sur les IPOs 2019 aux US - Cover

2019 est bien partie pour être une année exceptionnelle par le nombre d’introductions en bourse (les “IPO”) aux Etats-Unis. De nombreuses pépites technologiques très médiatisées comme Uber, Slack et peut-être Airbnb devraient être au rendez-vous. Ca peut paraître cool de dire aux potes qu’on a investi dans Uber ou Slack mais, d’un point de vue financier, est-ce un bon plan d’investir au moment d’une IPO ?

2019 : retour fracassant des IPOs, porté par la tech

Article 34 - Infographie Yahoo Finance sur les IPOs Tech de 2019Source : Yahoo! Finance

Après Lyft, Pinterest, Zoom, Levi’s ou Jumia aux Etats-Unis, et Nexi en Europe, les marchés devraient accueillir cette année de nombreuses startups, essentiellement tech, parmi lesquelles : Uber, Slack, Beyond Meat et peut-être même les géants Airbnb, Palantir, Wework, Robinhood et Postmates. Les chinois Luckin Coffee (concurrent de Starbucks) et DouYu (plateforme de streaming) sont également attendus avec des IPOs importantes à Wall Street.

Avant que tu investisses tes économies durement gagnées dans l’une d’entre elles, voyons ce que ça donne en termes de performance financière.

Quelle performance pour les IPOs ?

Le 1er jour de cotation

Le jour de l’introduction en bourse, les actions sont proposées aux investisseurs participant à l’opération à un prix fixé par les banques qui conseillent la société. Cependant, ce prix est rarement le prix “d’ouverture” de l’action sur le marché. En effet, au moment de la mise à disposition sur les marchés, chacun pourra proposer d’acheter ou vendre des actions de la société introduite à un prix, et ce jeu de l’offre et de la demande va permettre de définir un prix d’ouverture.

Pour les IPO les plus médiatisées, ce prix d’ouverture est généralement bien supérieur au prix de l’IPO, et l’action est d’ailleurs très volatile au cours de la journée. En effet, des investisseurs ayant participé à l’IPO peuvent être tentés de vendre dans la journée si l’action est en forte hausse, et il n’est pas rare que les particuliers se ruent de façon frénétique pour investir dans la société qui fait la une des médias.

Ainsi, Levi’s a part exemple eu un prix d’ouverture de 30,7% supérieur au prix de l’IPO, 21% pour Lyft ou encore 41% et 73% pour Snap et Twitter par le passé.

Les semaines et mois suivants

Au moment de l’introduction en bourse, les actionnaires historiques de la société ne sont pas autorisés à vendre toutes leurs actions mais seulement une partie (20% du capital par exemple). Ils sont par ailleurs soumis à une période dite de “lock-up, comme un verrou, qui les empêchent de vendre de nouvelles actions pendant un temps (90 ou 180 jours par exemple). En effet, les fondateurs, les fonds de capital risque ou business angels qui détiennent une part importante du capital de la société pourraient être tentés de tout vendre au prix fort à l’IPO, bénéficiant ainsi de la période de forte médiatisation la précédant, et donc provoquer une baisse importante du prix de l’action et beaucoup de volatilité.

Le contrecoup de cette période de lock-up est qu’ils procéderont à cette vente, généralement en plusieurs fois ou au fil de l’eau, avec un décalage de quelques mois, ce qui oriente le prix de l’action à la baisse. Ainsi, en 2019, les actions de Tilray ont baissé de plus de 10% le jour de la fin de la période de lock-up, et celle d’Elastic de 3.5%.

Prenons un peu de recul : il a fallu plus de 15 mois à Facebook pour atteindre à nouveau le prix de clôture du 1er jour (38$) alors que Snap n’y est toujours pas parvenu (11$ l’action aujourd’hui contre 27$ à la clôture de son 1er jour de cotation en mars 2017).

Quels sont les risques spécifiques à l’IPO ?

En résumé, pour un investisseur particulier, c’est rarement une bonne opération d’investir au moment ou juste après l’IPO, sauf investissement de long terme, pour plusieurs raisons :

  • La forte médiatisation pousse les investisseurs à sur-payer
  • La société choisit le moment de son IPO : elle estime donc que c’est le moment où elle peut obtenir la meilleure valorisation sur le marché, ce qui veut dire un prix cher pour toi investisseur
  • Il y a un risque significatif de correction suite à l’expiration de la période de lock-up

J’y vais ? J’y vais pas ?

Ce qu’il ne faut surtout pas faire ? Acheter au plus haut pendant le 1er jour de peur de rater une occasion en or (spoiler : ce ne sera pas le cas !) et revendre quelques mois après, stressé par la perte que tu seras probablement en train de réaliser.

Notre conseil si tu veux vraiment investir dans une société qui s’introduit en bourse ?

  1. Prendre le temps de bien lire toutes les infos du “prospectus d’introduction” qui est mis à disposition à ce moment là : tu y apprendras plein de choses sur le business, le marché et la situation financière de la société et tu pourras ainsi te faire une idée de sa capacité à générer des profits à l’avenir (eh oui, au moment de leur IPO les sociétés tech génèrent bien souvent des pertes)
  2. Attendre que la volatilité des premiers jours / semaines se dissipe, et pourquoi pas investir à l’issue de la période de lock-up par exemple si le prix est attractif et que tu es convaincu par les fondamentaux de cette société
  3. Comme toujours, investir dans une perspective de long terme

Si cela peut aider, voici l’avis du célèbre investisseur américain Warren Buffet sur le sujet :
“We haven’t bought an initial public offering – I haven’t, Charlie [Munger, his partner] hasn’t – I think since 1955, I bought 100 shares of Ford when they came out…I think buying new offerings during hot periods in the market I don’t think is anything that the average person should think about at all.”

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Guillaume et Julien, co-fondateurs d’Axel

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