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Dividendes records : les actionnaires du CAC 40 se la jouent-ils comme Picsou ?

16 janvier 2019

57,4 milliards d’euros ont été redistribués en 2018 par les sociétés du CAC 40 à leurs actionnaires. Si tu as vu passer ce chiffre record la semaine dernière tu as peut-être eu un flash avec l’image de Picsou nageant dans son coffre fort. Mettons ce chiffre quelque peu en perspective.

Des redistributions ? Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Au même titre que le salaire vient rémunérer le temps et les compétences qu’un salarié met à la disposition d’une entreprise et que l’impôt vient rémunérer l’Etat pour les services mis en place au nom de la collectivité, les dividendes et le rachat d’actions sont les deux outils que possède une entreprise cotée afin de rémunérer activement le risque pris par ses actionnaires lorsqu’ils ont décidé d’investir dans celle-ci.

Dans le cas des dividendes, une fraction des bénéfices réalisés par l’entreprise est reversée aux actionnaires. Ainsi (sauf rares exceptions), les dividendes versés au cours d’une année (2018 dans notre cas) sont basés sur les bénéfices réalisés par l’entreprise l’année précédente (2017 ici). Le versement des dividendes peut se faire soit en cash soit en actions, cette dernière option permettant de rémunérer les actionnaires tout en conservant la trésorerie intacte.

C’est un outil à manier avec une certaine précaution car une fois qu’une entreprise commence à verser un dividende, il est souvent considéré comme acquis par les actionnaires que l’entreprise continuera de verser au moins ce montant dans les années à venir. Il est difficile de revenir en arrière !

Dans le cas d’un programme de rachat d’actions, l’entreprise utilise sa trésorerie disponible pour acheter ses propres actions à ses actionnaires. Ces programmes sont souvent très ponctuels et opportunistes.

Dans les deux cas les montants en jeux sont proposés par les dirigeants de l’entreprise, votés par les actionnaires lors d’une assemblée générale et limités par la performance passée de l’entreprise ainsi que de la trésorerie disponible.

A noter aussi que ces mécanismes n’entraînent pas à proprement parler un enrichissement des actionnaires : la capitalisation boursière (et donc le cours de l’action) baissant mécaniquement du montant versé dans le cas d’un dividende par exemple. Comme le disait Lavoisier : “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”.

De fortes disparités selon les entreprises

Chaque entreprise définit sa stratégie de redistribution en fonction de ses objectifs et de son degré de maturité. Les entreprises matures, celles ayant des perspectives de croissance plutôt faibles et ne prévoyant donc pas d’investissements massifs pour se développer et conquérir de nouveaux marchés, auront ainsi tendance à faire des redistributions plus importantes que des sociétés en croissance.

En 2018, les redistributions réalisées par trois sociétés (Total, Sanofi et BNP Paribas) ont ainsi représenté plus de 30% du total versé par les 40 entreprises composant le CAC 40, tandis que les 20 dernières ont représenté 18% du total. Il y a donc de fortes disparités au sein du CAC 40 et il convient de s’intéresser à la situation de chaque société si l’on souhaite se faire une idée de la capacité qu’elle aura à continuer à distribuer autant d’argent à ses actionnaires dans le futur.

Un record absolu ?

2018 est en effet une année record, le montant versé par les sociétés du CAC 40 à leurs actionnaires est le plus élevé depuis 2003. En augmentation de 12,8% sur un an, ce montant est cependant comparable aux redistributions de 2007 (57 Mds d’€), de 2014 (56 Mds) ou encore de 2016 (55,7 Mds).

Source : Lettre Vernimmen.net de Janvier 2019

Les dividendes représentent 46,5 Mds d’€, soit une augmentation d’environ 5% sur un an. Les sociétés du CAC 40 ont cependant gardé de la marge de manœuvre, notamment en termes d’attentes des actionnaires (ils réagissent souvent négativement à une baisse des dividendes d’une année sur l’autre), car en 2017 la progression annuelle de leurs bénéfices a été de l’ordre de 20%.

Qui bénéficie de cet argent ?

Il y a évidemment les actionnaires directs des sociétés qui procèdent à des redistributions, mais pas seulement. Investir, par exemple, dans des ETF à “réplication physique” (si tu ne sais pas de quoi on parle n’hésite pas à faire un tour par ici) permet aussi de bénéficier de ces redistributions et notamment de percevoir des dividendes.

Et bien sur l’Etat ! Les dividendes sont en effet basés sur le bénéfice réalisé après prélèvement de l’impôt sur les sociétés. Et de plus, le dividende perçu par un actionnaire particulier français sera soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%.

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Guillaume et Julien, co-fondateurs d’Axel

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