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Investir vs. spéculer, le match

10 juillet 2018

On espère que tes paris sur la coupe du monde se passent bien, et que tu profites de tes gains mirobolants pour payer des coups aux copaings ! (TOTAL RESPECT si t’as mis le 4-3 pour France/Argentine). A chaque pari, et ce même si tu as parfois l’impression que c’est gagné d’avance (petit coucou à nos amis espagnols et allemands), tu prends le risque de perdre TOUTE ta mise ! Ton objectif pendant ce cours mois de compétition est donc de faire en sorte que la somme des gains de tes bons pronostics soit, le plus largement possible, supérieure à celle de tes pertes. Pour cela, impossible de mettre en place une stratégie globale, pour chaque pari tu dois prendre une décision qui ne dépend pas de tes autres paris.

PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images

Tu l’auras compris, la sécurité de ton capital est inexistante et, bien que le regretté Paul le Poulpe soit sûrement un petit joueur à côté de toi, il est difficile d’avoir une majorité de bons résultats, notamment sur le long terme. Ce type de comportement est aussi possible sur les marchés financiers (on y fait souvent référence sous le terme de spéculation) mais c’est loin d’être la seul façon d’investir.

“Mon adversaire, c’est le monde de la finance” – Le Bourget – 22 Janvier 2012

Tout d’abord, si le rôle de la finance te semble aussi superflu que les 14 minutes de simulation de Neymar viens faire un petit tour ici, tu vas vite comprendre que notre ancien Président visait certains acteurs en particulier : les spéculateurs.

Prenons l’exemple de Françoise Aulande, spéculatrice depuis son plus jeune âge sur le marché des actions. Ses transactions auront en général au moins 3 caractéristiques principales : (i) faire un profit, (ii) rapidement et (iii) avec une prise de risque relativement importante. En simplifiant un peu, en tant que spéculatrice la nature de ses transactions dépendra TOTALEMENT de la réponse à la question suivante : “le prix de l’action va t-il monter ou descendre ?”. Son but est d’anticiper les variations de prix, afin par exemple d’acheter tout de suite l’action si elle pense que son prix va monter très prochainement.

Les spéculateurs sont souvent très critiqués parce qu’ils (i) sont tout à fait capables de parier contre les intérêts d’une société pour gagner de l’argent et (ii) n’ont pas pour objectif d’accompagner sur le long terme les sociétés dans lesquelles ils investissent. Tu auras remarqué qu’on ne fait aucune référence à la notion de valeur intrinsèque, car Françoise n’a pas besoin de savoir cela pour réaliser ses transactions.

Value is King

Que vaut l’action de la société X ?”. Voilà l’une des questions que se pose tout investisseur. Il s’en pose rapidement une deuxième : “A quel prix suis-je prêt à acheter des actions de la société X ?”. La réponse à cette dernière question va différer selon les investisseurs car chacun d’entre eux aura son opinion sur le secteur et la société, ainsi qu’un couple risque / rendement espéré qui lui est propre (Big up si tu te souviens de notre article “Où placer ses économies ? Ce qu’il faut savoir avant de se jeter à l’eau). La notion de prix est donc relative car propre à chaque investisseur, et le prix d’une action est d’ailleurs l’expression à “l’instant t” du consensus entre tous les investisseurs, alors que la notion de valeur intrinsèque d’une société est en théorie absolue, car elle est une mesure objective de la performance et des perspectives d’évolution de celle-ci. Un investisseur décidera donc d’investir s’il considère qu’il y a un écart suffisant entre le cours actuel de l’action et la valeur intrinsèque de la société, c’est à dire si le cours de bourse est inférieur ou égal au prix qu’il aura déterminé.

Certains investisseurs ont même basé leur philosophie d’investissement sur leur capacité à identifier ces écarts entre cours d’une action, prix et valeur. Parmi ces investisseurs, Benjamin Graham, professeur de Warren Buffet à l’université Columbia de New York et auteur du magnifique “The Intelligent Investor” (à mettre sous ton oreiller, vraiment), définit la différence entre investissement et spéculation de la manière suivante : “Un investissement est une opération qui, après d’importantes recherches à propos du sous-jacent (c’est à dire à propos de la société dans laquelle on envisage d’investir), promet (i) une relative sécurité sur le capital initial et (ii) un rendement adapté. Tout placement ne satisfaisant pas l’une de ces conditions est un placement spéculatif”.

Finalement, la différence entre spéculateur et investisseur est essentiellement une différence de philosophie : un spéculateur aura tendance à rechercher des placements à rendements rapides mais très risqués, alors qu’un investisseur cherchera avant tout un placement à plus long terme avec couple risque / rendement espéré adapté à son profil de risque.

Chez Axel nous privilégions une approche de type investisseur, de long terme et diversifiée. Principalement car (i) cela correspond à notre philosophie, (ii) c’est historiquement la meilleure stratégie sur le long terme et (iii) la spéculation nécessite d’y consacrer beaucoup de temps et elle est en grande partie basée sur un aspect comportemental qui peut rapidement influencer les dynamiques de prix, ce sont les amateurs de tulipes qui t’en parleront le mieux…

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Efkan, contributeur pour Axel

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